Coraux: bonnes et mauvaises nouvelles

July 24th, 2008 Jean-Christophe Vié Posted in Biodiversité - général, Espèces menacées, La biodiversité, Océans, pêche | Écrire un commentaire »

On a coutume de dire que les récifs coralliens sont l’équivalent marin des forêts tropicales pour la diversité des formes de vie qu’ils abritent. Ils abritent plus de 25% des espèces marines. Ce chiffre suffit à illustrer leur importance pour la vie marine.

Leur préservation est donc vitale pour assurer la survie d’une quantité importante d’espèces, elles même nécessaires au maintien de l’autosuffisance alimentaire et des activités économiques des populations riveraines. Les récifs coralliens fournissent une importante quantité de poisson mais sont également synonymes de petits paradis où les touristes partent à la découverte des splendeurs du monde marin. Sans les coraux bon nombre pourraient changer de destination privant ainsi de nombreux pays de précieuses devises.

Bonne nouvelle: il y a une dizaine de jours et après des années de débat, les lagons de Nouvelle Calédonie ont été inscrits sur la liste du Patrimoine mondial de l’humanité. C’est la reconnaissance du rôle important des coraux et notamment ceux de Nouvelle Calédonie qui constituent un des trois plus grands complexes de récifs coralliens dans le monde abritant une diversité de coraux rivalisant, voire surpassant, celle de la Grande barrière de corail australienne.

Moins réjouissant les résultats d’une étude menés par l’UICN et Conservation International publiée dans la revue Science révélant qu’au moins un tiers des 845 espèces de coraux constructeurs de récifs sont menacés d’extinction. Une évaluation rétrospective montre que seules 13 espèces étaient menacées il y … seulement 10 ans. C’est dans le Triangle de corail, dans le Pacifique ouest, que le nombre d’espèces de coraux est le plus important mais c’est dans les Caraïbes, déjà bien moins riches, que l’on trouve le plus grand nombre d’espèces En danger critique d’extinction, notamment le magnifique corail corne de cerf. Les menaces principales sont les changements climatiques, les pratiques de pêche destructrice, la pollution et la dégradation des habitats côtiers colonisés par l’homme. Des maladies et une étoile de mer vorace répondant au doux nom de Acanthaster planci viennent s’ajouter au tableau des menaces.

Enfin, l’acidification des océans résultant de l’absorbsion d’une quantité croissante de CO2 risque d’avoir également un impact majeur sur la capacité des organismes possédant un squelette externe comme les coraux, les mollusques et les crustacés.

Pendant ce temps, comme lors du récent sommet du G8, les négociations sur les réductions des gaz à effet de serre piétinent…

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La vie sauvage: un luxe?

July 16th, 2008 Jean-Christophe Vié Posted in Biodiversité - général | Écrire un commentaire »

A l’invitation de la BBC je tente de donner quelques éléments de réponse dans leur “Green Room” cette semaine.

Dans un monde de plus en plus citadin, argumenter en faveur de cette évidence est un des plus grands défis auquels le monde de la conservation de la nature est confronté. Vos commentaires m’intéressent donc tout particulièrement. C’est en anglais pour changer ;0).

Pour accéder à l’article cliquer ici

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Si c’est Jean-Jacques qui le dit…

July 14th, 2008 Jean-Christophe Vié Posted in Biodiversité - général | Écrire un commentaire »

On parle parfois de faire des choix parmi les espèces que l’on souhaite sauver de l’extinction. Certains préconisent un tri, une simplification par une élimination des espèces qui remplieraient des fonctions similaires. Pour ma part, je suis convaincu que si une espèce existe et se trouve à un endroit précis, c’est qu’il ya une bonne raison. L’argument a bien sûr peu de poids face aux acteurs économiques et politiques, j’en conviens.

La nature est la plus vaste entreprise connue de nous; son secteur Recherche et Développement a testé des millions de formes de vie sur des millions d’années; elle a pris son temps et a bénéficié d’un budget illimité; elle a évolué, s’est adaptée pour produire une diversité qui ne peut que susciter émerveillement. Elle a aussi produit l’environnement le plus favorable qui soit pour que l’homme s’épanouisse au point d’atteindre une population de plusieurs milliards d’individus.

Je visitais une belle exposition au Musée de Genève récemment et suis tombé sur cette phrase de Jean-Jacques Rousseau qui lui aussi faisait confiance à son instinct et au bon sens: “Jamais la nature ne nous trompe; c’est toujours nous qui nous trompons”.

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Petit matin dans le Jura

June 27th, 2008 Jean-Christophe Vié Posted in Histoires de nature | Écrire un commentaire »

Je suis au bureau, devant mon ordinateur -curieux outil pour sauver le monde! -  quand je reçois ce court message d’un fin connaisseur de la faune du Jura. Un beau message, sobre, précis, parlant, comme peuvent en écrire ceux qui savent observer et profiter de la beauté de la nature. J’attends toujours ma première rencontre avec cette bestiole fascinante mais les gros chats sauvages ne se sont jamais précipités pour croiser ma route….

“Pour l’anecdote, une rencontre chanceuse, celle qui ne survient pas plus d’une fois par an : c’était dimanche matin au réveil d’une nuit en famille et à la belle étoile. Le temps de réaliser que ce chevreuil bizarre n’en est pas, de précieuses secondes sont perdues pour enregistrer toute la scène. Le lynx est là, à découvert dans la pature, bondissant dans les hautes herbes, pour une fois mal camouflé dans la végétation, mal emmitouflé derrière une écharpe de brume. Pendant qu’il monte tranquillement la pente vers la lisière, son pelage tacheté parait d’un roux très vif, accentué par le premier rayon de soleil. L’image est un peu tremblante et brève, mais intéressante.
Affut en soirée, emplacement choisi intuitivement à 500m de là, à l’opposé du bois dans lequel il a disparu. Le trépied n’est pas encore installé que le lynx apparaît en lisière. Il marque un tronc puis disparaît dans le sous-bois. Quelques détails visibles à l’image confirment une premiere impression : c’est un mâle.”

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Faut-il donner un prix à la nature?

June 23rd, 2008 Jean-Christophe Vié Posted in Biodiversité - général | 3 commentaires »

Les choses les plus précieuses sont-elles les plus chères? Si l’on regarde le prix accordé à la nature, la réponse est clairement “non”. Prenons l’exemple de l’eau, absolument indispensable à l’éclosion de la vie terrestre et notre propre survie, et celui des bijoux, dont on peut très facilement se passer. Les articles récents faisant état de pollution massive des fleuves français soulignent le peu d’attention accordée à cette resource si précieuse. En revanche les bijoux des grands joailliers sont enveloppés des plus beaux écrins et bénéficient de mesures de protection sans égale. La grande différence entre les deux est peut-être que les bijoux ont un propriétaire qui se soucie de préserver et valoriser son bien alors que l’eau n’en a pas et qu’il n’y aucun marché incitant à sa protection.

Je n’aime pas l’idée qu’il faille mettre un prix sur la nature ou chaque espèce mais, notre monde étant gouverné par l’économie, il est important d’en utiliser le language et les outils pour démontrer de façon rigoureuse que la nature est la plus grosse économie sur notre planète et utiliser de solides arguments économiques pour sa préservation. C’est ce que tente de faire une étude sur l’économie des écosystèmes et de la biodiversité inspirée du rapport Stern sur l’impact économique des changements climatiques. Cette étude appelée de ses voeux par les ministres de l’environnement des pays les plus industrialisés (G8 + 5) a fait l’objet d’un rapport d’étape le mois dernier, à Bonn, au cours de la conférence de la Convention sur diversité biologique.

Le résultat sera, bien sûr, imparfait puisque entre en considération des valeurs éthiques ou esthétiques étrangères à l’économie; chaque peuple, chaque composante de la population a un lien différent avec la nature; pour certains elle est sacrée, pour d’autres purement utilitaire voire un obstacle au développement. Par ailleurs, il est impossible d’estimer le coût de la vie et impossible de reconstituer des écosystème complexes; de nombreux bénéfices que l’on tire de la nature ne sont pas quantifiables et on ne peut les reconstituer que très approximativement. Les chiffres obtenus sont tellement astronomiques qu’ils ne signifient peut-être plus grand chose pour le commun des mortels…

Cette étude devrait néanmoins fournir un outil puissant à destination des politiques. A titre d’exemple, les seules aires protégées (parcs, réserves naturelles…)  qui couvrent 10% des terres émergées et moins de 1% des océans, généreraient entre 4,400 et 5,200 milliards de dollars chaque année.

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Recherche voiture “écolo”… désespérément

June 9th, 2008 Jean-Christophe Vié Posted in Actualités, Société | 4 commentaires »

Je me suis fait volé ma voiture ! La Suisse n’est plus ce qu’elle était !!! Ca tombe plutôt bien: j’avais prévu de participer au mois « bike to work » organisé dans toute la Suisse! Ca me donne le temps de faire mon choix. 80km la semaine dernière ; c’est un bon début mais affronter les 700 m de dénivelée pour rentrer le soir, par un temps hivernal m’a demandé un surcroit de motivation!

C’est donc l’occasion de refaire le petit tour des constructeurs automobiles pour acheter la voiture la plus « écolo » (j’utilise ce terme même s’il est tout à fait inapproprié). J’avais fait le même tour il y a 3 ans avec un effort tout particulier pour me rendre au salon de l’auto de Genève. Je n’ai pas un goût prononcé pour ce genre de foire mais j’étais ressorti plutôt déprimé devant le spectacle de la grosse cylindrée toujours reine. J’avais alors hésité entre plusieurs modèles à performances égales et avais opté pour un constructeur français car contrairement aux autres, il ne faisait pas de gros 4×4. Quelques mois plus tard il annonçait qu’il se lançait dans leur production. Le monde est cruel pour les écolos!

Cette année, la vague verte s’étant amplifiée, j’avais quelque espoir; mais, malheureusement, si les discours changent, au niveau des performances, les progrès sont minimes, en tous cas bien moindres que ce que la publicité tente de nous faire croire. Quelques concessionnaires me comblent de bonheur en m’annonçant que je ne suis plus le seul à chercher une voiture pratique, sans trop d’options inutiles, légère, économe… D’autres me dépriment en me disant que personne ne cherche de petit moteur (je parle de 1400-1600 cm3 ce qui suffit à se faire flasher par tout bon radar !) et que s’il ya tant d’options c’est qu’ « on l’a bien voulu ». Mais qui est donc ce « on » ? Parfois une dernière tentative du vendeur : « Vous habitez à la montagne, comment faites vous sans 4×4 ? »

La quête se poursuit avec les critères suivants: diesel avec filtre à particule (pas d’agro-carburants qui n’ont rien de bio !), petit moteur (1600 cm3), break (pour transporter, vélos, skis, bois de chauffe… et bien sûr la petite famille), rendement énergétique A, options minimum, constructeur responsable, 2 roues motrices… et le tout à un prix abordable !

En attendant de trouver la perle rare, je continue à pédaler !

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Le jour où les médias s’éveilleront…

May 30th, 2008 Jean-Christophe Vié Posted in Actualités | Écrire un commentaire »

Les médias français ont été vivement attaqués par le pouvoir en place en France récemment. Alors ne faisons surtout pas de généralités, mais la ligne éditoriale de nombre d’entre eux laissent parfois songeur celui qui voit dans l’environnement un  sujet qui touche 100% des hommes et femmes de la planète et qui mériterait, à ce titre, une couverture digne de ce nom.

En début de semaine je tombe sur ce titre d’un quotidien gratuit genevois : « Les requins attaquent la côte mexicaine ». La photo d’un requin blanc, toutes mâchoires ouvertes et dirigées vers le lecteur, illustre l’article.  Inévitablement, le lecteur non informé pense tout de suite à une sorte de Pearl Harbour d’un nouveau genre, à des milliers de requins se jetant sur les paisibles baigneurs. En fait, l’article relate deux attaques mortelles, certes tragiques pour ceux qui en sont victimes! Et, les horribles “écolos” voudraient protéger ces sales bêtes! Rappelons quand même que des millions de requins sont traqués et tués chaque année, que leur nombre a considérablement décliné et que la surpêche prive peut-être ceux qui restent de nourriture en quantité suffisante. Dur de rétablir les faits!

En revanche, combien d’articles sur l’échouage de dizaines de globicéphales sur une plage sénégalaise cette semaine (photo ci-dessous). Parmi les causes on évoque les sonars des bateaux, la recherche pétrolière voir le passage d’un sous marin… Un vrai sujet de reportage !

Par contre, il est une publicité, pour une autre espèce, non menacée et infiniment plus dangeureuse que les requins, qui se porte bien : celle pour le champignon que l’on trouve dans nos magnifiques voitures, responsable de quelques dizaines de milliers de morts chaque année ! Mourir au volant est sans doute devenu “normal”!

   echouage-globicephales-senegal-mai08.JPGechouage-globicephales-senegal-mai08-2.JPG

La population française sera de 70 millions d’habitants d’ici peu. Cocorico des medias ce matin repris par la revue de presse de France Inter. Les milieux économiques se frottent les mains, la France est le bon élève ! Permettez moi de ne pas partager cet enthousiasme, et de voir là une très mauvaise nouvelle. Plus de voitures, téléphones ou télévisons vendus; mais moins d’espace pour chacun de nous,  donc moins de vraies richesses, celles que la terre nous offre; mais aussi ,sans aucun doute, plus de problèmes alors qu’on ne gère déjà pas ceux que nous connaissons aujourd’hui ! A quand un traitement équilibré de l’information avec une émission sur l’environnement et notre société, pour une émission économique. Aujourd’hui nous sommes très loin du compte !

Il est bien plus simple de parler des frasques des très insipides Paris Hilton ou autres Britney Spears dont je devrais ignorer le nom si le monde médiatique couvrait les vrais sujets de société. Mais, puisque j’évoque les blondes, je finirais par en évoquer une, écolo celle–là, convaincue, rencontrée récemment. Je vous encourage à faire un petit tour sur le site de la blonde qui utilise merveilleusement bien l’arme fatale de l’humour pour faire passer les petits messages environnementaux. Blondes et brunes de tous pays rejoignez LA Blonde et courrez voir son spectacle à Paris; vous passerez un bon moment!

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Fêtez la Nature, c’est le moment!

May 23rd, 2008 Jean-Christophe Vié Posted in Actualités, Biodiversité - général | 1 commentaire»

Logo fête de la natureL’actualité Nature est riche cette semaine.

Logo fête de la natureCe weekend, c’est la Fête de la nature avec des milliers de manifestations à travers la France à l’initiative du Comité Français de l’UICN et de Terre Sauvage. Vous n’avez que l’embarras du choix. Consultez le site www.fetedelanature.com pour choisir votre sortie du weekend et peut-être est-il bon de rappeler, en ces temps de réduction du pouvoir d’achat, que la nature offre de multiples plaisirs gratuits.

L’association Noé Conservation vient d’inaugurer son exposition « Biodiversités, nos vies sont liées », visible pour le moment au jardin des plantes à Paris et de lancer son site «Agis avec Noé» avec plein de petits conseils pour adopter des comportements responsables. Prenez le temps d’y faire une visite et de l’ajouter à vos favoris. Ce sont des mois de travail pour offrir au grand public une information et des conseils de qualité !

Cette semaine s’est ouvert à Bonn la Conférence des Parties à la Convention sur la Diversité Biologique, c’est à dire la réunion des représentants des quelques 190 pays signataires de ce que l’on appelle communément la Convention de Rio. Une grand messe de plus me direz-vous ! Certes mais sans l’engagement des états au plus haut niveau, rien ne bougera. Ce qui est intéressant est de constater qu’aujourd’hui, les états, notamment parmi les pays les plus industrialisés, commencent à être à la remorque de leur opinion publique et, afficher des engagements en faveur de l’environnement et donc du bien être de leur citoyen, peut s’avérer politiquement payant, ce que bien sûr nos politiques n’ignorent pas. C’est cette même convention qui a clairement affiché au début de la décennie l’ambition de ralentir de manière significative l’érosion de la biodiversité d’ici 2010. Nous sommes bientôt en 2008 et plusieurs rapports viennent de révéler que nous sommes loin du compte.

La Liste rouge des oiseaux menacés vient d’être rendue publique par BirdLife International ; elle confirme que l’effet des changements climatiques sur les populations d’oiseaux est bien réel et vient s’ajouter à une poursuite de la dégradation des habitats naturels. La déforestation, notamment  pour faire place à des plantations de palmier à huile continue d’avoir un impact majeur. 1226 espèces d’oiseaux sont aujourd’hui menacées ; 26 ont changé de catégorie de menace sur la Liste rouge avec une situation qui s’est détériorée pour 24 d’entre elles. Pour deux d’entre elles seulement, sujettes à des programmes de conservation, la situation s’est améliorée. Nous sommes donc loin du compte mais ces maigres succès montrent que quand on s’en donne la peine, la situation peut être vite améliorée! Pour plus d’information voir le site de BirdLife International ou de l’UICN.

Une autre étude publiée par la Société Zoologique de Londres révèle que entre un quart et un tiers de la vie sauvage a disparu depuis 1970, 25 % sur terre, 28% dans les mers et océans et 29 % dans les lacs et rivières… en moins de deux générations humaines. Cela signifie que l’homme fait disparaître 1% des espèces sauvages chaque année. Parmi les espèces qui paient le plus lourd tribut, les antilopes africaines, les requins et les espadons mais de façon plus générale toutes les espèces de grande taille, pourchassées sans relâche pour leur valeur économique. En ce qui concerne les requins, l’UICN vient de rendre publiques les résultats d’une étude sur les requins et raies pélagiques; sur 21 espèces étudiées, 11 sont menacées d’extinction par la pêche. C’est certes très préoccupant pour les amoureux de la nature mais aussi très sérieux pour les centaines de millions de personnes qui dépendent de ces espèces dans leur vie quotidienne.

Heureusement une autre étude vient de chiffrer ce gâchis en termes économiques en révélant que la destruction de la nature coûte à la société deux billions d’euros par an soit 6% du Produit national brut (PNB) mondial. Un argument de poids à l’heure où l’on perçoit de plus en plus les limites de notre généreuse planète avec les émeutes de la faim, la crise énergétique et les prémices d’une inéluctable récession économique si rien ne change.

Alors plus que jamais, participez à la fête de la nature et soutenez les associations comme Noé ; elles sont nombreuses partout en France et ont besoin de votre aide !

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En direct du paradis

May 11th, 2008 Jean-Christophe Vié Posted in Voyages, découverte | 3 commentaires »

iguane-marin-galapagos-web.JPGIl est des lieux dont la seule évocation fait voyager. Nombreux sont ceux qui m’ont fait rêver, nourri mon imaginaire d’enfant et certainement forgé ma vocation de naturaliste.
J’ai eu la grande chance d’en visiter un certain nombre mais, heureusement, la liste d’attente est encore longue!
Un endroit a une signification particulière pour tout passionné de nature et cela faisait très longtemps que je rêvais d’y poser les pieds. Un endroit avec une faune bien particulière et qui a joué un rôle très particulier dans l’histoire des sciences naturelles. Profitant d’un déplacement en Equateur, j’ai décidé de pousser un peu plus à l’ouest, pour me retrouver au milieu du Pacifique dans ce petit coin de paradis… aux Galápagos. Un vieux rêve mais ô combien savoureux quand il devient réalité !
L’accueil est à la hauteur de l’attente ; peu avant l’atterrissage, de l’avion, la silhouette d’une baleine se dessine avant de disparaître doucement dans le grand bleu (j’apprendrai plus tard que c’était un coup de chance !). Moins d’une heure après avoir touché le sol, le passage du premier bras de mer pour passer de l’île de Baltra et son aéroport à cette de Santa Cruz donne le ton. Dans cet endroit particulièrement fréquenté par les bateaux, c’est un ballet incessant de pélicans, fous, frégates, puffins, noddis… Fous et pélicans plongent sans relâche à proximité du débarcadère. En se penchant au dessus de l’eau claire, on découvre une vie marine exubérante : des bancs de poissons, et, de temps à autre, des raies croisent sous nos yeux. Les otaries, omniprésentes, font aussi le spectacle en poursuivant les poissons lancées comme des missiles. Un noddi profite des remous pour essayer de venir récupérer un petit poisson désorienté, pratiquement sous le museau de l’une d’entre elles.
La traversée de l’île de Santa Cruz jusqu’à Puerto Ayora, la ville principale de l’archipel, permet de voir les premiers pinsons que Darwin a rendu célèbres. Les véhicules ralentissent, klaxonnent, pour ne pas écraser pinsons, fauvettes, gobe mouches ou oiseaux moqueurs qui se risquent à traverser.
Iguanes marins, otaries, huitriers pies, mouettes, crabes rouges… se partagent le ponton de l’hôtel. Hérons, pélicans, otaries tentent de chaparder un petit peu de nourriture au marché à poissons. Les animaux sauvages sont partout ; ils font partie du décor et, surtout, ils ne manifestent aucune crainte. Le télé-objectif et les jumelles deviennent pratiquement superflus !
Sous l’eau, en plongée, le spectacle est féérique ! Des ballets incessants de poissons multicolores sont agrémentés de rencontres avec des tortues vertes ou des requins à pointe blanche, inoffensifs, approchés à moins d’un mètre. Au cours d’une plongée une otarie joueuse a foncé sur moi 5 ou 6 fois pour n’éviter mon masque qu’à la dernière seconde. Lors d’une simple sortie avec masque et tuba, j’ai pu observer 7 tortues vertes et 1 tortue imbriquée. J’ai vu des centaines de tortues pondre sur les plages mais les voir évoluer, “aériennes”, dans leur élément est un tout autre spectacle.
Les Galápagos, ce sont bien sûr aussi les tortues géantes et des paysages volcaniques à couper le souffle. Ce sont également des habitants qui semblent prendre le temps de vivre et sillonnent les quelques routes à vélo. Je ne suis ici que depuis quelques jours et j’ai l’impression d’en avoir déjà vu tant. Je sais qu’il y a encore beaucoup à découvrir mais malheureusement le temps m’est limité. Je sais aussi que ce magnifique équilibre est fragile ; une marée noire a menacé ce joyau il y a quelques années. Le tourisme se développe rapidement et on peut craindre les dégâts que peut occasionner le tourisme de masse ; les énormes bateaux de croisière jurent un peu dans le paysage. La redistribution des richesses générées par le tourisme et les restrictions sur l’utilisation des ressources sont également sources de tension.
C’est en tous cas un endroit toujours préservé, qui apporte la preuve, s’il en était besoin, que l’homme et la nature peuvent très bien vivre en harmonie.

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La pub déraille

April 19th, 2008 Jean-Christophe Vié Posted in Société | 2 commentaires »

Dans « Le jour où l’abeille disparaîtra… » j’évoquais une initiative des associations françaises de l’Alliance pour la Planète pour tenter de remédier aux dérives de la publicité surfant sur la vague du développement durable, un cas classique de ce que les anglo-saxons appelle du greenwashing. Malheureusement il semble que l’espoir nait de cette initiative ait pris un peu de plomb dans l’aile. Certes, leur effort a débouché récemment sur la signature d’une « charte d’engagement et d’objectifs pour une publicité éco-responsable » entre les professionnels de la publicité et le Gouvernement français mais, dénonçant une véritable duplicité, les ONGs de l’Alliance pour la planète ont décidé de ne pas participer au processus mis en place, placé sous la coupe des professionnels du secteur. Elles ont donc créé un Observatoire Indépendant de la Publicité « afin de donner un contenu réel à la co-régulation souhaitée lors du Grenelle de l’Environnement ».

La publicité est sans aucun doute un des secteurs les plus en retard dans sa prise de conscience de sa responsabilité environnementale; elle a certes pour but de vendre des produits dont on n’a pas forcément besoin, de susciter le besoin d’acquérir des biens matériels dont la production a parfois un impact sur l’environnement non négligeable… mais elle dispose d’une marge de progression considérable. La publicité, par ces supports a déjà largement défiguré la planète en s’accaparant tous les espaces libres, des bords de routes aux stations de sport d’hiver. De part leur « générosité » financière les annonceurs peuvent contrôler la ligne éditoriale des medias en étouffant les sujets qui fâchent. Restait à déculpabiliser le consommateur pour qu’il continue à acheter sans se poser trop de questions. Depuis quelques années, l’étape est franchie, faisant des constructeurs automobiles, fournisseurs d’énergie, groupes pétroliers, compagnies aériennes… les plus grands bienfaiteurs de la planète.

Les associations de l’Alliance pour la Planète ont rappelé que 99 % des publicités automobiles en cours ne respectaient pas la loi concernant l’affichage des consommations de carburant et les émissions de CO2 par les véhicules. Alors que ces publicités sont autorisées, d’autres, responsables, sont interdites, à l’image d’une campagne pour la prévention des déchets, sous prétexte qu’elle pourrait nuire aux intérêts des secteurs économiques. Il fallait oser !

Areva, pour qui le réchauffement climatique est une véritable aubaine, parle d’ « énergie au sens propre » ; conduire une Porsche est un acte de développement durable ; Volkswagen fait encore plus fort en nous assurant que ses 4X4 nous ferons prendre goût à l’écologie ; Saab vient de sortir une ligne de voitures bio !!! Je pourrais rajouter de nombreux autres exemples: Total, Air France, EDF… Tout le monde lave plus vert!

Alors dans cette cacophonie, l’idée d’une télévision publique débarrassée de la publicité est bien séduisante. On se met à rêver de journaux télévisés libres d’aborder tous les sujets (quitte à froisser certains secteurs économiques !), de magazines sur l’environnement aussi nombreux que les magazines économiques, voire d’émissions apprenant aux enfants à déchiffrer la publicité…

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