April 1st, 2012 Jean-Christophe Vié Posted in Biodiversité - général | No Comments »
August 31st, 2011 Jean-Christophe Vié Posted in Biodiversité - général | No Comments »
Les activités de communication reprennent avec la rentrée! J’ai eu l’occasion d’être interviewé plusieurs fois ces jours ci. Cliquer ici pour accéder à l’interview publiée par The Ecologist. Dommage que le texte n’ait pas été un peu travaillé et que je n’ai pas eu l’opportunité de le relire; c’est un peu confus par endroit mais les grandes lignes y sont!
June 6th, 2011 Jean-Christophe Vié Posted in Biodiversité - général | No Comments »
Au cours des derniers mois, on a enfin assisté à l’amorce d’un débat sur l’énergie. Mais quelle tristesse de constater qu’une fois de plus il aura fallu des catastrophes pour lancer une réflexion de bons sens : une marée noire gigantesque dans le Golfe du Mexique, une guerre en Lybie (présentée comme responsable de la flambée des cours du pétrole) et un accident nucléaire majeur au Japon. Quelle tristesse également de voir à quel point on a laissé derrière nous en quelques semaines les problèmes de Fukushima.
Pourtant, réjouissons-nous car pour une fois aucun irresponsable n’a pu crier au complot d’une quelconque secte verte ; il est évident pour tous que, pour l’accident nucléaire et la marée noire, il s’agit de catastrophes majeures engendrées par notre folie collective. Bien sûr les responsables et leurs soutiens inconditionnels continueront de nous expliquer que la science, magique, va nous apporter les solutions et nous sortir du pétrin ? Ils tenteront de culpabiliser chacun d’entre nous car, après tout, c’est nous qui demandons de l’énergie, alors que nous ne sommes que de gentils moutons de panurge incapables de dire non à ce que l’on nous présente comme « le progrès »? Des apprentis sorciers irresponsables défendant les intérêts de puissants lobbies vont nous expliquer qu’il s’agit de circonstances exceptionnelles qui n’ont aucune chance de se reproduire, surtout chez nous. Nous avons vu cela avec les économistes et les financiers ou encore avec la tempête Xynthia. Ce serait trop gros d’utiliser les mêmes ficelles. Et pourtant, c’est exactement ce qui s’est produit. Rien de nouveau ! Tout a été et continuera à être mis en œuvre pour continuer jusqu’à la crise suivante qui sera, bien sûr, tout aussi exceptionnelle et que la science (surprise !) n’aura pas su prévenir.
Dommage que le débat n’aille pas au-delà des dangers du nucléaire et n’aborde pas le problème de fond : le gaspillage qui règne en maître. Si on souhaite réduire de bonne foi les émissions de gaz à effet de serre et réduire la facture énergétique, plutôt que de débattre sur le pourcentage d’énergie renouvelable à atteindre on devrait lancer une chasse au gaspi tous azimuts selon cette règle de bon sens qui veut que l’économie la moins couteuse, pour la nature et le porte monnaie, est celle que l’on ne produit pas.
L’augmentation du prix devraient encourager des économies mais les premières victimes seront les plus vulnérables, comme toujours avec les problèmes environnementaux, alors qu’ils ne sont pas les plus gros utilisateurs. Les consommateurs redoutent donc légitimement une hausse du prix de l’énergie ; les gouvernants, démagogues, rassurent leur électorat ; les fournisseurs d’énergie tentent de préserver leurs profits, parfois astronomiques, et sont prêts pour cela à parfois prendre des risques toujours plus grands pour la planète et les populations otages qu’ils disent vouloir satisfaire.
Le prix de l’énergie, celui des ressources naturelles ainsi que celui des produits alimentaires va augmenter. C’est inévitable et cela répond a une simple règle arithmétique ; comment peut on croire ou laisser croire le contraire, autrement que par pure aveuglement ou démagogie électoraliste. Il faut donc s’y préparer. Dans ce contexte, le devoir des politiques devrait être de s’assurer que les fournisseurs d’énergie ne se serviront pas abusivement de ce prétexte pour augmenter leur profit et d’orienter les politiques vers l’optimisation de l’utilisation de l’énergie en prenant de vraies mesures.
Il serait aussi naïf d’ignorer que la fourniture d’énergie est un business qui, comme tous les autres, obéit à la règle absurde de la croissance continue et indéfinie. Les fournisseurs d’énergie ont certes fait des progrès dans leur prise en compte des problèmes environnementaux mais tout de même pas au point d’abandonner leur logique de production. Leur stratégie est de continuer à présenter l’augmentation de la demande comme une fatalité tout en gagnant le plus de temps pour se positionner sur le marché des énergies alternatives, secteur dans lequel ils se sont donnés le temps de s’implanter tout en ralentissant son essor. Et peu importe parfois que le remède soit pire que le mal à l’image des agrocarburants de premières générations ou de l’industrie du nucléaire, qui depuis quelques années jouait sur l’absence de rejets de gaz à effet de serre, et est confrontée à une tragique réalité aujourd’hui.
Les déclarations d’intention sont nombreuses mais 2010 vient à nouveau de battre tous les records d’émission de CO2 et de chaleur. Et pourtant des choses absurdes continuent à se produire : à titre d’exemple alors qu’on incite les propriétaires de logement à les isoler, on autorise les chauffages extérieurs des terrasses parisiennes, une énergie purement et simplement gaspillée pour le plaisir éphémère de quelques uns; plus avisée, la Suisse a su l’interdire et tout va bien! Les éclairages publics, les affichages par écran plat, les gadgets à pile se multiplient. De nouveaux modèles de grosses voitures apparaissent sans cesse et les efforts de motorisation hybrides ne tendent pas vers une économie globale en se focalisant sur les petites voitures.
Il faut bien sûr poursuivre les efforts technologiques mais pas dans le but de ne rien changer à nos habitudes de gaspillage mais comme moyen complémentaire, et ne les mettre en œuvre que lorsque nous avons des garanties suffisantes quant à leur innocuité. En gros, l’exact opposé de ce que nous avons observé avec le rush sur les biocarburants ou les énergies renouvelables en général.
Il y a quelques semaines, en réponse à la flambée du prix du pétrole, la Ministre française de l’économie prônait juste une conduite écolo. Aucun commentaire de sa part sur le comportement et les pratiques de l’industrie pétrolière et des lobbies automobiles. Et dire qu’elle pourrait être en charge de la gouvernance de la finance mondiale ! Pas de quoi être rassuré ! Quant aux medias, au lieu de parler de vrais sujets, autant meubler l’espace avec un débat ridicule sur la signalisation de radars sur les routes ou sur les frasques de quelques uns, condamnables si avérées, mais qui ne changeront absolument rien à la marche sur la tête de notre monde.
Alors on se met à repenser à Eyjafjöl, ce gentil volcan islandais, cauchemar orthographique, qui n’a fait que ralentir pendant quelques jours notre course éperdue et pointer les dysfonctionnements de notre monde, le plus pacifiquement du monde. La nature peut certes être brutale, surtout quand elle est contrariée et que l’on ne l’écoute pas. Elle est bien plus souvent généreuse en nous fournissant les conditions de notre épanouissement ou en nous lançant de discrets messages d’alerte. Comme l’enfant rebelle face à ses parents, nous balayons tout ceci d’un revers de main, outré que nos caprices ne puissent se dérouler selon notre bon vouloir.
March 7th, 2011 Jean-Christophe Vié Posted in Biodiversité - général | No Comments »
2010 était l’année de la biodiversité, une année à laquelle toute la communauté internationale de la conservation de la nature se raccrochait, une étape importante vers un changement radical mettant la diversité de la vie au centre de nos préoccupations quotidiennes. Entre optimisme candide et pessimisme démobilisateur, quel regard porter sur cette année charnière?
L’année s’est achevée dans l’euphorie avec un accord sans précédent obtenu à Nagoya lors de la réunion de la Convention sur la diversité biologique. Il y a eu certes un accord sur tous les points mais changera t-il la donne ? Il y a en a eu d’autres précédemment. L’euphorie perceptible à Nagoya était peut-être liée à la crainte d’un échec semblable au sommet de Copenhague. En effet, jusqu’à la fin du processus de négociation, l’issue restait incertaine et l’accord a été vécu comme un véritable soulagement. Quoiqu’il en soit la feuille de route est tracée pour les 10 ans à venir. Il est maintenant temps de s’y conformer, d’unir toutes les forces et redoubler d’efforts pour que le cap soit maintenu.
L’accord est là, ne boudons pas notre plaisir. Pour autant il n’engage que ceux qui l’ont adopté, soit les gouvernements de l’ensemble des pays de la planète. A eux seuls, ils ne peuvent résoudre l’ensemble des problèmes auxquels la nature est confrontée. Nous avons vu récemment à quel point les pays, les économies ou les monnaies pouvaient s’avérer fragiles. Sans l’engagement des entreprises et des citoyens tout risque de se poursuivre sans réel changement. « Business as usual » !
A part l’accord trouvé à Nagoya, il y a d’autres bonnes nouvelles à mettre au crédit de l’année écoulée :
- D’abord la publication d’une vaste étude sur la valeur économique des écosystèmes et de la biodiversité (TEEB). Je suis le premier à regretter que nous soyons obligés de mettre un prix sur la nature mais soyons pragmatiques ; si cela peut servir à convaincre entreprises et gouvernements que la nature n’est pas un frein au développement mais plutôt un atout précieux, autant disposer de bons outils. C’est maintenant le cas. Reste à prendre en compte les services fournis par la nature dans le calcul des richesses des différents pays.
- Nous avons pu démontrer que les efforts de conservation des espèces sauvages avaient porté leurs fruits et que sans eux la situation actuelle serait bien plus préoccupante encore. Les résultats de cette étude, à laquelle j’ai eu le privilège d’être associé, ont été publiés dans le journal Science au mois d’Octobre. Il est certes un peu frustrant de mesurer ces résultats par un ralentissement de la dégradation et de timides succès plus que par une amélioration franche mais là encore ne boudons pas notre plaisir ; ces résultats devraient constituer une source de motivation. La conservation, ça marche, et il est urgent de le faire savoir.
- Outre la Conférence de Nagoya, une autre réunion a marqué l’année: celle de St Petersburg consacrée aux tigres. Elle a réuni pas moins de cinq premiers ministres et des personnalités de tout premier plan : dirigeants d’agences internationales, ambassadeurs, secrétaires d’état, acteurs, chanteurs ou top models. De mémoire de conservationniste on n’avait jamais vu une réunion de ce niveau, orchestrée dans un tel faste, consacrée exclusivement à une autre espèce que l’homme lui même. Une nouvelle fois on peut facilement tomber dans le cynisme et se dire que c’est une grand messe de plus et que les tigres, encore 100 000 il y a un siècle et un peu plus de 3 000 aujourd’hui, continueront à être braconnés comme avant mais j’y ai quand même entendu des discours forts et inhabituels des dirigeants russes et chinois par exemple. Une brise d’espoir soufflait légèrement sur cette réunion.
- Les Nations unies ont officialisé la création de la Plateforme internationale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), un instrument inspiré du Groupe d’étude sur le climat qui, il y a peu, recevait le prix Nobel. Quelle sera son influence?
- Je fais bien volontiers figurer sur cette liste, l’épisode du volcan islandais Eyjafjallajökull qui, pendant plusieurs semaines, a non seulement défié le monde de l’aviation mais aussi tous les correcteurs d’orthographe installés sur les ordinateurs des salles de rédaction dans le monde entier. Les medias n’ont parlé que des pauvres touristes bloqués à l’autre bout du monde. Certains j’en suis sûr, ont connu de sérieux désagréments, mais pas une ligne sur le bonheur des millions de riverains des aéroports qui ont pu profiter d’une belle semaine de calme et d’un air plus pur. On aurait pu aussi profiter davantage de l’occasions pour s’interroger sur la nature d’une économie à ce point dépendante du traffic aérien, si vulnérable, et qui importe du bout du monde des produits frais. Rien de tout cela aux journaux télévisés alors que cela pourrait bien préfigurer un scenario d’avenir.
- L’annonce officielle de la création de SOS, à Nagoya, est à mettre sur la liste des bonnes nouvelles. Après deux ans de préparation, ce fonds dédié à la conservation des espèces menacées a enfin vu le jour. Il va permettre non seulement de protéger la vie sauvage dans de nombreux endroits de la planète mais d’essayer de recréer le lien entre l’homme et la nature et de convaincre les entreprises qu’elles ont un rôle à jouer dans la protection de la vie sur terre.
Pourtant 2010 n’a pas été synonyme que de bonnes nouvelles. Le début d’année a été même plutôt inquiétant:
- Il y a eu les attaques contre la science, répétées, mais surtout abondamment relayées dans les medias. Il y a bien sûr eu en début d’année la thèse du complot orchestré par la « secte verte » dénoncée par les négationnistes des changements climatiques. Les attaques contre le rapport du Groupe international d’étude sur le climat (GIEC), coupable de contenir une erreur, ont été abondamment relayées dans la presse. Pourtant des températures record ont bien été atteintes en 2010, année la plus chaude depuis que l’on effectue des mesures. De nombreuses catastrophes ont également eu lieu conformément aux prédictions du GIEC : inondations de Vendée, dues à la tempête Xyntia, feux de forêt en Russie… A chaque fois, une bonne excuse est trouvée pour ne pas admettre le problème de fond : les bouleversements orchestrés par l’homme fragilisent notre environnement naturel et ont des conséquences immédiates sur la sécurité de nombreuses populations humaines.
- La Convention sur le commerce international des espèces menacées est aussi un bon exemple de la marginalisation préoccupante de la science: les recommandations des scientifiques concernant le classement des espèces marines, notamment le thon rouge, n’ont eu que bien peu de poids par rapport aux intérêts à court terme et aux possibilités de profit du secteur de la pêche. A près tout pourquoi refuser aux armateurs ce que l’on accorde aux traders ?
- Il y a eu la publication dans le journal Science d’une série de 31 indicateurs montrant que l’objectif de réduction de la perte de biodiversité à l’horizon 2010 était loin d’être atteint. Cette étude, fruit du partenariat de nombreuses organisations. et à laquelle j’ai participé, montre que la biodiversité décline partout, que les pressions sur les ressources naturelles vivantes continuent d’augmenter et que, même si les actions de conservation augmentent, elle reste encore largement insuffisantes.
- Qui dans le grand public en a entendu parler de l’année de la biodiversité et de la conférence de Nagoya, si importante pour notre avenir commun. La couverture de l’évènement a été vraiment insignifiante. Mais, après tout, peut-être a-t-il été au fond préférable de se passer de pression médiatique pour négocier plus sereinement à Nagoya qu’à Copenhague pour le climat un an plus tôt!
- Je pensais aussi, fort naïvement, que les leçons seraient tirées de la crise financière, que notre modèle économique serait passé à la loupe, disséqué… Il y a en effet énormément d’enseignements à tirer de cette crise. Au lieu de cela, les économistes nous expliquent pourquoi il ne faut rien changer et que le gros de la crise est passé. Comment y croire ?
- Selon la FAO, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, 2010 est aussi une année record pour le poisson, pourtant de plus en plus rare. C’est aussi, en France, un record de consommation d’électricité aux premiers frimats de l’hiver alors que nous sommes censés réduire la facture…
- Pour finir, un chiffre symbolique : avec plus de 300 rhinocéros abattus pour la seule Afrique du sud, 2010 restera comme une année record pour les braconniers. Il nous rappelle que tout succès reste fragile.
Alors oui 2010 aura été le théâtre de quelques progrès mais ne nous voilons pas la face, il y a encore énormément de travail!
July 26th, 2010 Jean-Christophe Vié Posted in Biodiversité - général | No Comments »
J’ai reçu récemment le message suivant en réaction à la lecture d’un passage de «Le jour où l’abeille disparaîtra… ». Je suis reconnaissant à ce lecteur d’avoir pris la peine de m’écrire. J’ai choisi de partager notre bref échange pour plusieurs raisons : malgré un petit ton ironique, il reste courtois; je crois sincèrement que ce correspondant et moi même avons en commun un réel souci de préserver la nature même si nous pouvons avoir des points divergents ; enfin, il illustre parfaitement la nécessité de se retrouver autour d’un dénominateur commun (la préservation de la nature) en acceptant parfois des pratiques ou points de vue qui peuvent nous paraitre choquants. J’ai visiblement heurté ce lecteur en incluant la corrida dans la liste des pratiques, qu’à titre personnel, je n’aime guère.
« Bonjour monsieur,
Je viens de finir votre livre acheté à la fête de l’huma 2009 . Livre somme toute très intéressant et instructif mais une fois de plus, monsieur l’écologiste, vous mélangez tout. Comment pouvez vous comparer l’assassinat de bébés phoques et de baleines, le finning sur les requins et toutes les choses épouvantables pour l’avenir de notre planète avec LA CORRIDA. Vous êtes vous un seul instant posé la question de ce que serait la Camargue sans ces dizaines d’éleveur de taureaux qui contribuent quotidiennement à la préservation de ces magnifiques sites naturels.
Il me semble après avoir lu votre très instructif et inquiètant livre que vous êtes beaucoup plus intelligent que ces pseudo associations de protection de la nature et anti corrida qui ne font que décrédibiliser la cause écologique qui par ailleurs devrait être une cause mondiale. Alors ne mélangez pas tout et renseignez vous sur la corrida et sur la vie de ces taureaux avant d’en parler.
Bonne continuation dans votre combat louable et essentiel
Cordialement »
A priori ce lecteur ne m’a pas bien lu puisque j’écris qu’ «on ne peut pas confondre la préoccupation du bien-être animal et la conservation » tout en ajoutant, certes, que « je ne comprends pas que la mise en scène de la mort d’un taureau puisse être un divertissement ». Un point m’échappe: la mort d’un taureau qui a vécu libre, comme l’indique ce lecteur, serait noble alors que celle d’une baleine, qui a également vécu libre, serait barbare.
Voici ma réponse :
« Bonjour et merci d’avoir pris le temps de me lire. Je pense que vous n’avez pas bien du me lire car même si je n’aime guère la corrida et d’une façon générale la mise en scène de la mort qu’elle que soit sa forme, je fais la différence entre ce qui relève du bien être animal et ce qui relève de la conservation. A ce titre, la corrida et la chasse dite “responsable” rentrent dans la première catégorie. J’ajoute qu’elles rentrent dans la même catégorie que ce que vous appeler (j’en suis surpris) l’assassinat des bébés phoques. En effet l’abattage des bébés phoque, tout barbare qu’il soit, est basé sur des quotas, qui permettent de ne pas mettre en danger l’avenir de l’espèce et de faire vivre une économie. Je n’apprécie pas davantage cette pratique mais elle est fondée sur le même argument que celui que vous avancez.
Vous avez de toute évidence raison à propos de la préservation d’espaces sauvages mais permettez moi de regretter qu’il faille justifier la préservation d’espaces de nature par de telles pratiques.
Je respecte votre point de vue comme celui des chasseurs avec lesquels je peux très bien travailler (et je pourrais sans aucun doute très bien travailler avec les éleveurs de taureaux de combat) mais permettez à “Monsieur l’écologiste” d’être en désaccord avec vous et d’assumer son choix de ne pas mettre les pieds dans une arène.
Cordialement”
February 27th, 2010 Jean-Christophe Vié Posted in Biodiversité - général | No Comments »
Ca y est, nous y sommes. Nous sommes rentrés dans l’année que les Nations unies ont décidé de dédier à la biodiversité et célébrée en grande pompe dans différentes capitales, dont Paris le 21 janvier. C’est une nouvelle année cruciale, celle des espoirs de voir enfin reconnu le rôle précieux que je joue tous les organismes vivants mais surtout celui de voir l’humanité toute entière revenir à la raison en préservant toute cette vie sur terre sans laquelle son avenir serait hypothéqué.
Les attentes sont peut-être plus mesurées qu’en 2009 après les espoirs déçus de Copenhague mais reste qu’en 2002 l’ensemble des pays de la planète s’est engagé à réduire la perte de biodiversité avant 2010. L’objectif est très loin d’être atteint comme le montre, entre autres, l’analyse de la Liste rouge de l’UICN dont j’ai dirigé la publication l’année dernière (pour la première fois, il y aura une version française, très bientôt). Mais l’engagement demeure et les attentes restent fortes. Il est indispensable qu’elles le restent car l’enjeu est trop important! De nouveaux objectifs seront sans doute fixés en fin d’année au Japon pour 2015, 2020 ou même 2050 mais qu’en sera t-il des moyens que l’on se donnera pour enrayer la crise actuelle.Cette année sera je l’espère l’occasion de parler de la biodiversité, de la nature, du vivant… Quelle que soit la dénomination on parle d’une même chose: la vie sur terre , une formule qui m’est chère! C’est l’occasion de faire davantage de pédagogie, d’expliquer aux citoyens que la biodiversité, l’environnement, les concernent, que l’environnement n’est pas une mode pas plus que ne l’est la culture, l’éducation ou l’économie.
C’est aussi l’occasion d’expliquer que le débat environnemental ne se réduit pas aux changements climatiques mais aussi de contrer cette forme de négationnisme environnemental irresponsable qui semble progresser. Et peut-être, bientôt, après plus d’un an de travail, la création de SOS, un fonds dédié à la conservation des espèces vivantes…
November 4th, 2009 Jean-Christophe Vié Posted in Société | No Comments »
En cette période troublée l’argument parait commencer à faire son chemin. Il était temps ! Le gaspillage (énergie, eau, emballage, nourriture…) est tellement ancré dans notre manière de vivre, encouragé par notre modèle économique et la publicité, qu’économiser apparait aujourd’hui comme une recette miracle.
Il est vrai qu’adopter un comportement responsable va encore à l’encontre de certaines convenances sociales. Demander une carafe d’eau au restaurant ou refuser d’acheter des fleurs ou des fruits en provenance de l’autre bout de la planète vous fait passer pour un radin ; éviter les cafés qui chauffent leur terrasses extérieures vous vaut une étiquette de rabat joie; acheter une petite voiture conforme à vos besoins a un impact sur votre statut social, ; refuser un sac plastique, éteindre les lumières, réduire le chauffage, regarder les étiquettes des produits que vous achetez, réduire sa consommation de viande ou de poisson… paraissent des actes d’une complication extrême ou des contraintes insurmontables.
Ce ne sont pourtant que des gestes simples, cruciaux pour préserver notre environnement, très faciles à mettre en œuvre et sans aucun impact sur notre vie quotidienne. Ils s’accompagnent très vite d’un gain financier que les plus démunis ne pourront qu’apprécier. Limiter sa consommation dès maintenant nous prépare aussi à l’inévitable augmentation des prix qu’engendre la raréfaction de nos ressources naturelles.
Tout le monde a une bonne raison d’être écolo et, si vous êtes vraiment radin, dites plutôt que vous êtes écolo !
July 16th, 2009 Jean-Christophe Vié Posted in Biodiversité - général | No Comments »
Alors que le monde focalise son attention sur la crise économique, il est important de s’interroger sur ses véritables causes et de définir les vraies responsabilités. L’exercice pourrait être riche d’enseignements, notamment afin d’endiguer la crise environnementale d’une bien plus grande ampleur et qui frappe déjà des centaines de millions d’individus de part le monde.
Il existe des parallèles intéressants entre ces deux crises. Dans les deux cas nous en sommes les uniques responsables et ce sont les plus démunis qui sont frappés alors qu’ils n’ont joué qu’un rôle mineur ou inexistant dans sa création. Dans les deux cas, nombreux sont ceux qui ont alerté très tôt l’opinion publique et le monde politique, pour être ignorés ou même ridiculisés. Malheureusement à chaque fois tout est fait pour reculer l’échéance des changements qui doivent être apportés, quitte à pousser le système existant jusqu’à son point de rupture.
Les crises suivent souvent un parcours établi. D’abord, une phase de pré-crise au cours de laquelle les problèmes commencent à se matérialiser. En général aucune mesure concrète n’est prise pendant cette période. Le système est alors irrémédiablement conduit vers une période de crise proprement dite au cours de laquelle s’installe un équilibre instable entre le déni et la reconnaissance de l’état de crise.
Chaque système est par nature résistant au changement et cherche à mettre en place des éléments visant à sous-estimer ou à nier la crise, généralement à travers des messages faussement rassurants ou des accusations de catastrophisme. On observe ce phénomène pour la crise économique que certains prétendent passagère, comme pour les problèmes environnementaux qu’une minorité considère exagérés voire inexistants, à l’image de Claude Allègre les qualifiant de « pleurnicheries écologiques ». Cette phase de déni est généralement entretenue par des individus dont le rôle est de défendre le statu quo en s’appuyant sur une vision à très court terme.
La crise environnementale se matérialise par les changements climatiques, la pollution, mais également, on l’oublie un peu, le déclin des innombrables formes de vie sur terre. Elle est malheureusement bien plus grave car la nature ne peut être renflouée comme une banque ou une entreprise.
Si la nature était considérée comme une entreprise, elle serait de loin la plus grande multinationale de la planète. Elle génère des biens et les services aussi divers et essentiels que la production de nourriture, de médicaments, de matériaux ou d’oxygène…, le stockage du carbone, la pollinisation de nos champs et vergers, la stabilisation et la fertilisation des sols, la purification de l’eau. Elle est à la base d’une économie touristique croissante et, d’une façon générale, participe à notre bien être quotidien. Une vaste étude est en cours pour tenter d’en estimer le montant dont on sait déjà qu’il dépasse de très loin celui de l’économie mondiale.
Au cours de centaines de millions d’années, la nature a expérimenté en permanence, trouvé des solutions complexes et innovantes que nous découvrons peu à peu et utilisons à notre profit. Certains organismes ont prospéré, d’autres n’ont pas su s’adapter et ont périclité. Elle est arrivée à un équilibre extrêmement complexe en traversant de multiples crises. La nature continue d’inspirer nombre d’innovations que nous nous approprions fièrement. Elle continuera à apporter des solutions à nombre de nos problèmes, y compris la crise économique actuelle, pour peu qu’on se donne la peine de lui accorder l’importance et l’attention qu’elle mérite.
Loin de moi l’intention de réduire la nature à son aspect purement utilitaire. Néanmoins si on poursuit la comparaison, on constate qu’elle a prospéré sans subvention, qu’elle a mis en place le plus vaste programme de recherche et développement dont on puisse rêver. Elle n’a besoin d’aucune intervention pour se rétablir pour peu qu’on lui laisse l’opportunité de prospérer. Et, sans le moindre budget publicitaire, rêve ultime de beaucoup de dirigeants d’entreprise, elle compte aujourd’hui plus de 6 milliards de clients dont la survie dépend de ses produits. Le problème vient-il donc du fait que ce qu’elle produit est gratuit ou du moins considéré comme tel ? Doit-on mettre un prix sur la nature pour en reconnaître son importance ?
Aujourd’hui on perçoit des frémissements dans l’opinion, une prise de conscience qui a certes été encouragée par le Grenelle de l’environnement mais surtout par des décennies de travail d’individus et d’ONGs visionnaires. Il y a encore quinze ans, évoquer la protection de l’environnement vous faisait passer pour un illuminé, un misanthrope, un doux rêveur ou un empêcheur de tourner en rond. Aujourd’hui un film sur la planète attire plus de 9 millions de spectateurs en France et les élections européennes plébiscitent les écologistes. Les choses ont bien changé mais la prise de conscience tarde encore à se traduire en actions concrètes d’envergure. L’environnement est à la mode et devient même un atout politique que nos gouvernants pourraient utiliser davantage. Mais on ne touche encore que la surface des problèmes à résoudre. Certains sujets restent tabous, à l’image de la croissance économique ou l’augmentation de la population humaine, toujours présentées comme des nécessités. Tout est fait pour maintenir coûte que coûte le système actuel. Peut-être par manque d’alternative, mais bien davantage par manque d’imagination et d’ambition.
Les changements climatiques vont modifier très profondément et surtout très rapidement les écosystèmes qui assurent notre bien-être et notre survie en tant qu’espèce. Il faut donc un changement de cap très sérieux dans nos méthodes de productions et nos habitudes de consommation.
La crise économique et financière a un impact majeur sur nombre d’entre nous et il est donc délicat d’y voir des aspects positifs. Pourtant, l’augmentation récente du prix du pétrole a engendré une diminution de la consommation dont on ne peut que se réjouir, en espérant que cette baisse se poursuive. La crise du secteur automobile va peut-être enfin pousser les constructeurs à changer leurs pratiques pour développer des moyens de transport plus responsables. Mais plus important, la crise économique constitue une occasion unique de s’interroger sur l’ampleur du gaspillage de nos ressources ou sur ce qui contribue au bien-être de chacun. Il y a urgence à redéfinir notre rapport avec la consommation de biens matériels et, surtout, avec la nature. Peut-être va-t-on redécouvrir l’évidence : ce qui est bon pour l’environnement l’est aussi pour notre propre bien-être et notre porte-monnaie.
La nature possède une certaine tolérance aux perturbations et une grande capacité de résilience. Il ne s’agit donc pas de cesser toutes nos activités mais seulement de s’affranchir de certaines habitudes et convenances sociales liées à la consommation de biens matériels. Il existe bien souvent une alternative qui n’engendre que peu de contraintes et devient rapidement un réflexe naturel. Il est important aujourd’hui de revendiquer avec fierté sa préoccupation pour l’environnement en affichant ainsi des valeurs de respect, solidarité et d’humanisme.
July 2nd, 2009 Jean-Christophe Vié Posted in Biodiversité - général | No Comments »
En 2002 la quasi-totalité des pays de la planète se sont engagés à “réduire de façon significative la perte actuelle de diversité biologique aux niveaux global, régional et national pour contribuer à la réduction de la pauvreté et pour le bénéfice de toute vie sur terre”.
Il y a aujourd’hui des critiques contre la formulation de cet objectif que je ne partage pas car il explique clairement qu’il est indispensable de préserver la nature aussi bien pour sa valeur purement utilitaire que sa valeur propre (esthétique, spirituelle ou récréative). Il met aussi l’accent sur l’importance d’agir à tous niveaux; on aurait pu certes y rajouter le niveau local!
Malheureusement cet objectif ne sera pas atteint comme le démontre la dernière publication de l’UICN analysant en détail les données de la Liste rouge des espèces menacées. Tous les indices présentés montrent un déclin continu et persistant de la vie sauvage.
J’ai eu le privilège d’être l’éditeur en chef de cet ouvrage. C’est l’aboutissement d’un travail collectif collossal qui, je l’espère contribuera à accélérer la prise de décision en faveur de la nature.
Pour plus de détails et notamment le communiqué de presse en français, consulter le site du programme pour les espèces de l’UICN. Pour accéder directement au rapport, cliquer ici.
March 26th, 2009 Jean-Christophe Vié Posted in Actualités | No Comments »
Chacun se demande ce qu’il peut faire pour la planète. Voilà une action de grande envergure qui ne vous coutera rien et à laquelle vous pouvez contribuer sans effort.
Samedi soir à 20h30 éteignez toutes les lumières pendant une heure. Des millions de gens y ont participé au cours des années précédentes, des personnalités supportent l’initiative, de grandes villes y participeront etc… L’année dernière 370 villes et 50 millions de personnes ont éteint leurs lumières. Le succès grandit au fil du temps et il est impératif que le mouvement prenne de l’ampleur.
Pourquoi? Parce que 2009 est une année cruciale pour notre avenir à tous. En fin d’année, à Copenhague, un nouveau protocole sera discuté pour succéder au bien peu efficace et bien insuffisant protocole de Kyoto. Il est indispensable d’envoyer un message fort aux décideurs sur la nécessité de ralentir les changements climatiques car d’année en année, malgré une certaine prise de conscience, les prévisions les plus alarmistes sont largement dépassées.
Cela ne remplace pas le besoin d’économiser notre énergie le reste de l’année (d’opter pour une petite voiture, éteindre les lumières, économiser le chauffage, boycotter les terrasses extérieures chauffées…) mais c’est un acte éminemment symbolique qui peut avoir un large impact. Nul doute que cet impact sera commenté dans les médias le lendemain avec, peut-être, un bilan sur les des activités entreprises dans le noir pendant une heure!
Voir le site dédié à l’évènement pour plus d’info.