N’ayez plus honte d’être écolo. Faites le pour l’argent !

November 4th, 2009 Jean-Christophe Vié Posted in Société No Comments »

En cette période troublée l’argument parait commencer à faire son chemin. Il était temps ! Le gaspillage (énergie, eau, emballage, nourriture…) est tellement ancré dans notre manière de vivre, encouragé par notre modèle économique et la publicité, qu’économiser apparait aujourd’hui comme une recette miracle.

Il est vrai qu’adopter un comportement responsable va encore à l’encontre de certaines convenances sociales. Demander une carafe d’eau au restaurant ou refuser d’acheter des fleurs ou des fruits en provenance de l’autre bout de la planète vous fait passer pour un radin ; éviter les cafés qui chauffent leur terrasses extérieures vous vaut une étiquette de rabat joie; acheter une petite voiture conforme à vos besoins a un impact sur votre statut social, ; refuser un sac plastique, éteindre les lumières, réduire le chauffage, regarder les étiquettes des produits que vous achetez, réduire sa consommation de viande ou de poisson… paraissent des actes d’une complication extrême ou des contraintes insurmontables.

Ce ne sont pourtant que des gestes simples, cruciaux pour préserver notre environnement, très faciles à mettre en œuvre et sans aucun impact sur notre vie quotidienne. Ils s’accompagnent très vite d’un gain financier que les plus démunis ne pourront qu’apprécier. Limiter sa consommation dès maintenant nous prépare aussi à l’inévitable augmentation des prix qu’engendre la raréfaction de nos ressources naturelles.

Tout le monde a une bonne raison d’être écolo et, si vous êtes vraiment radin, dites plutôt que vous êtes écolo !

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Recherche voiture “écolo”… désespérément

June 9th, 2008 Jean-Christophe Vié Posted in Actualités, Société 3 Comments »

Je me suis fait volé ma voiture ! La Suisse n’est plus ce qu’elle était !!! Ca tombe plutôt bien: j’avais prévu de participer au mois « bike to work » organisé dans toute la Suisse! Ca me donne le temps de faire mon choix. 80km la semaine dernière ; c’est un bon début mais affronter les 700 m de dénivelée pour rentrer le soir, par un temps hivernal m’a demandé un surcroit de motivation!

C’est donc l’occasion de refaire le petit tour des constructeurs automobiles pour acheter la voiture la plus « écolo » (j’utilise ce terme même s’il est tout à fait inapproprié). J’avais fait le même tour il y a 3 ans avec un effort tout particulier pour me rendre au salon de l’auto de Genève. Je n’ai pas un goût prononcé pour ce genre de foire mais j’étais ressorti plutôt déprimé devant le spectacle de la grosse cylindrée toujours reine. J’avais alors hésité entre plusieurs modèles à performances égales et avais opté pour un constructeur français car contrairement aux autres, il ne faisait pas de gros 4×4. Quelques mois plus tard il annonçait qu’il se lançait dans leur production. Le monde est cruel pour les écolos!

Cette année, la vague verte s’étant amplifiée, j’avais quelque espoir; mais, malheureusement, si les discours changent, au niveau des performances, les progrès sont minimes, en tous cas bien moindres que ce que la publicité tente de nous faire croire. Quelques concessionnaires me comblent de bonheur en m’annonçant que je ne suis plus le seul à chercher une voiture pratique, sans trop d’options inutiles, légère, économe… D’autres me dépriment en me disant que personne ne cherche de petit moteur (je parle de 1400-1600 cm3 ce qui suffit à se faire flasher par tout bon radar !) et que s’il ya tant d’options c’est qu’ « on l’a bien voulu ». Mais qui est donc ce « on » ? Parfois une dernière tentative du vendeur : « Vous habitez à la montagne, comment faites vous sans 4×4 ? »

La quête se poursuit avec les critères suivants: diesel avec filtre à particule (pas d’agro-carburants qui n’ont rien de bio !), petit moteur (1600 cm3), break (pour transporter, vélos, skis, bois de chauffe… et bien sûr la petite famille), rendement énergétique A, options minimum, constructeur responsable, 2 roues motrices… et le tout à un prix abordable !

En attendant de trouver la perle rare, je continue à pédaler !

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La pub déraille

April 19th, 2008 Jean-Christophe Vié Posted in Société 1 Comment »

Dans « Le jour où l’abeille disparaîtra… » j’évoquais une initiative des associations françaises de l’Alliance pour la Planète pour tenter de remédier aux dérives de la publicité surfant sur la vague du développement durable, un cas classique de ce que les anglo-saxons appelle du greenwashing. Malheureusement il semble que l’espoir nait de cette initiative ait pris un peu de plomb dans l’aile. Certes, leur effort a débouché récemment sur la signature d’une « charte d’engagement et d’objectifs pour une publicité éco-responsable » entre les professionnels de la publicité et le Gouvernement français mais, dénonçant une véritable duplicité, les ONGs de l’Alliance pour la planète ont décidé de ne pas participer au processus mis en place, placé sous la coupe des professionnels du secteur. Elles ont donc créé un Observatoire Indépendant de la Publicité « afin de donner un contenu réel à la co-régulation souhaitée lors du Grenelle de l’Environnement ».

La publicité est sans aucun doute un des secteurs les plus en retard dans sa prise de conscience de sa responsabilité environnementale; elle a certes pour but de vendre des produits dont on n’a pas forcément besoin, de susciter le besoin d’acquérir des biens matériels dont la production a parfois un impact sur l’environnement non négligeable… mais elle dispose d’une marge de progression considérable. La publicité, par ces supports a déjà largement défiguré la planète en s’accaparant tous les espaces libres, des bords de routes aux stations de sport d’hiver. De part leur « générosité » financière les annonceurs peuvent contrôler la ligne éditoriale des medias en étouffant les sujets qui fâchent. Restait à déculpabiliser le consommateur pour qu’il continue à acheter sans se poser trop de questions. Depuis quelques années, l’étape est franchie, faisant des constructeurs automobiles, fournisseurs d’énergie, groupes pétroliers, compagnies aériennes… les plus grands bienfaiteurs de la planète.

Les associations de l’Alliance pour la Planète ont rappelé que 99 % des publicités automobiles en cours ne respectaient pas la loi concernant l’affichage des consommations de carburant et les émissions de CO2 par les véhicules. Alors que ces publicités sont autorisées, d’autres, responsables, sont interdites, à l’image d’une campagne pour la prévention des déchets, sous prétexte qu’elle pourrait nuire aux intérêts des secteurs économiques. Il fallait oser !

Areva, pour qui le réchauffement climatique est une véritable aubaine, parle d’ « énergie au sens propre » ; conduire une Porsche est un acte de développement durable ; Volkswagen fait encore plus fort en nous assurant que ses 4X4 nous ferons prendre goût à l’écologie ; Saab vient de sortir une ligne de voitures bio !!! Je pourrais rajouter de nombreux autres exemples: Total, Air France, EDF… Tout le monde lave plus vert!

Alors dans cette cacophonie, l’idée d’une télévision publique débarrassée de la publicité est bien séduisante. On se met à rêver de journaux télévisés libres d’aborder tous les sujets (quitte à froisser certains secteurs économiques !), de magazines sur l’environnement aussi nombreux que les magazines économiques, voire d’émissions apprenant aux enfants à déchiffrer la publicité…

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Elle est pas belle ma grosse voiture ?!!

April 11th, 2008 Jean-Christophe Vié Posted in Société 3 Comments »

La semaine dernière l’Allemagne décidait d’abandonner les biocarburants. Une excellente nouvelle pour la planète! On aurait pourtant aimé que cette décision soit prise pour des raisons environnementales ou éthiques. Malheureusement la raison invoquée est que l’usure des moteurs serait trop importante. L’Allemagne, que l’on considère souvent comme un modèle dans la prise de conscience environnementale, pratique à merveille le double langage quand il s’agit de protéger sa très polluante (et florissante) industrie automobile.

Les grosses voitures ont parfois des lignes plutôt attrayantes et peuvent impressionner quelques voisins et amis, voir aider dans de douteuses conquêtes amoureuses mais les maux qu’elles engendrent outrepassent largement ces petits avantages.
Elles polluent, encombrent, contribuent au changement du climat… sont futiles, dangereuses, inutiles … et comme si cela ne suffisait pas, elles commencent à affamer une partie de l’humanité. Les manifestations de la faim que l’on voit proliférer ces derniers jours sont là pour nous le rappeler : une grande partie de l’humanité vit dans une extrême pauvreté et a besoin d’un environnement sain pour sa survie quotidienne. Utiliser des terres agricoles, déforester… pour produire des denrées alimentaires qui seront brulées par de gros moteurs est totalement indécent. Bien sûr la crise alimentaire que connaissent certaines parties du monde n’est pas entièrement imputables à la production d’agro carburant (bannissons le préfixe bio !) mais abandonner les parades au volant de gros véhicules au profit de modes de déplacement économes est une solution très facile à mettre en œuvre.

Constructeurs et acheteurs se renvoient la balle. « Nous produisons de gros véhicules parce que c’est ce que veulent les consommateurs » disent les premiers. Si c’était le cas, la publicité serait inutile ! « On les achète car ils sont en vente répondent les seconds ».  L’hypocrisie est à son comble et question cynisme, les constructeurs automobiles sont difficiles à battre. A grand renfort de publicité, les constructeurs automobiles nous laissent croire que l’environnement est devenu leur préoccupation numéro un. Dans leur gamme, parfois, un véhicule peu gourmand et beaucoup de publicité sur les efforts du constructeur pour prendre en compte l’environnement. La conscience apaisée, on continue comme si de rien n’était avec le reste de la gamme. Certains constructeurs produisent un véhicule peu gourmand voire un véhicule hybride pour pouvoir faire croire à un effort. Mais pour un véhicule peu gourmand combien de grosses cylindrées produites. Un constructeur japonais bien connu communique énormément sur la technologie hybride mais au Moyen Orient par exemple, ce même constructeur communique uniquement sur la taille des véhicules, toujours plus gros et plus puissants.

Le salon de l’automobile s’est récemment tenu à Genève. Le dieu voiture a régné en maître sur la ville. Une affiche pleine de vert nous laissait croire que les automobiles contribuent au bien être de notre planète. Le phénomène se généralise : les publicités pour les compagnies aériennes, les constructeurs automobiles, les groupes pétroliers, les fournisseurs d’énergie où l’on n’aperçoit plus le moindre bout de carlingue, de pare choc ou de bâtiment industriel se multiplient. On n’y voit plus que des paysages fantastiques ou l’air est pur et la nature luxuriante. Paradoxe de taille, les stations de sports d’hiver sont envahies par la publicité automobile alors que la voiture contribue grandement à la raréfaction de la neige.

Cette année, les monstres roulants ont encore été à l’honneur à Genève. Les medias continuent de relater les performances de ces jouets désuets. Il faut dire que les constructeurs automobiles sont des annonceurs plutôt généreux. De nouveaux modèles toujours plus puissants et avides de carburant voient sans cesse le jour.

J’habite à proximité de Genève, une région où la densité de grosses cylindrées et de 4×4 est phénoménale. Pour qui connaît la Suisse il est difficile de lier ce phénomène à la vétusté du réseau routier, à l’abondance de bourbiers voire à l’absence de déneigement des routes l’hiver. Au volant de ces énormes voitures, on croise bien souvent des femmes, pourtant considérées comme plus soucieuses de l’avenir de leurs enfants. Ces véhicules ne sont guère recouverts de poussière ou de boues ; ils n’en croisent guère sur la route du supermarché ou de l’école où on assiste à un balai surréaliste de véhicules dont il devient difficile d’ouvrir les portières, les places de parking s’avérant de plus en plus sous dimensionnées.

On ne peut pas posséder un gros véhicule, gourmand en énergie, et prétendre se soucier un minimum du bien être de l’humanité. Avant que n’arrivent sur le marché de nouvelles technologies, le geste le plus simple est d’économiser et donc d’opter pour un véhicule léger, de petites cylindrée et d’afficher avec fierté ce choix, un geste solidaire. Les individus en tant que consommateurs ont le pouvoir de se tourner vers les constructeurs les plus responsables. Comment faire quand le bon sens n’a plus cours si ce n’est rappeler aux propriétaires leur responsabilité, et de taxer très lourdement les gros véhicules. Une solution, malheureusement difficile à mettre en œuvre, serait peut-être de faire payer l’essence beaucoup plus cher à ceux qui ont décidé de la gaspiller.

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Le risque environnemental

March 18th, 2008 Jean-Christophe Vié Posted in Société 3 Comments »

Si nous ne prenons pas plus soin de la nature, nous ouvrons la porte à de multiples risques : risques environnementaux, risques sanitaires, risques économiques, risques géopolitiques. On observe déjà des conflits liés au manque de ressource en eau, on est obligé de mettre dans un coffre fort une collection de semences pour garantir la sécurité alimentaire de l’humanité, on compte déjà par milliers les réfugiés climatiques, de nouvelles maladies émergent et se propagent. Tout cela du fait de la dégradation de l’environnement. Ces risques affecteront les générations futures mais également les générations actuelles. Les espèces sauvages sont pour nous d’excellents indicateurs. Leur déclin, par un effet de cascade, a déjà des répercussions sur les hommes, notamment les plus pauvres et les plus démunis. Tôt ou tard, nos sociétés dites modernes seront touchées, ce n’est qu’une question de temps.

Les risques augmentent avec le temps et, dans un tel contexte, le problème de leur couverture par nos systèmes de gestion et d’assurance se pose. La notion de responsabilité pourrait également se compliquer : les changements climatiques vont augmenter la fréquence des « évènements extrêmes » tels que les ouragans ou les feux de forêt ; devra t-on parler de catastrophe naturelle ou des effets de notre négligence collective. Qui sera le responsable contre qui se retourner? Les constructeurs automobiles qui, cyniquement, persistent à produire des voitures toujours plus grosses contribuant à l’effet de serre devront-ils répondre de leurs décisions… On le voit, les problématiques liées à la gestion des sinistres ouvriront de multiples débats visant à définir les contours de la responsabilité des dommages et de leur réparation…

La nature sauvage n’est pas toujours présentée comme une bienfaitrice. On met souvent en avant les animaux potentiellement dangereux, ou qui nuisent à notre confort. On entretient l’idée que la nature est dangereuse ; or se promenait en pleine forêt amazonienne comporte bien moins de risque que d’arpenter la plupart de nos villes ou d’emprunter nos routes. On devrait mettre dans la balance les risques qu’elle présente avec tous les services qu’elle nous rend gracieusement et moins jouer sur l’inconscient collectif. Le vrai risque ne se loge pas dans la nature, mais bel et bien dans nos comportements. La nature préservée est notre assurance vie.

Vous pouvez lire l’article dans son intégralité sur le site lapartderisque.fr 

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