Initiée il ya plus de 40 ans, la Liste rouge de l’UICN constitue l’inventaire mondial le plus complet de l’état de conservation global des espèces végétales et animales. Elle s’appuie sur une série de critères précis pour évaluer le risque d’extinction de milliers d’espèces et sous-espèces. Ces critères s’appliquent à toutes les espèces et à toutes les parties du monde. Fondée sur une solide base scientifique, la Liste rouge de l’UICN est reconnue comme l’outil de référence le plus fiable sur l’état de la diversité biologique. Son but essentiel consiste à mobiliser l’attention du public et des responsables politiques sur l’urgence et l’étendue des problèmes de conservation, ainsi qu’à inciter la communauté internationale à agir en vue de limiter le taux d’extinction des espèces menacées.
Au fil du temps, la Liste s’est imposée comme un outil irremplaçable pour mesurer l’évolution des populations de plantes et animaux sauvages, et communiquer cette information au grand public. C’est un peu devenu le baromètre de la biodiversité.
Le système des listes rouges de l’UICN comprend neuf catégories: “Eteint“, “Eteint à l’état sauvage“, “En danger critique d’extinction“, “En danger“, “Vulnérable“, “Quasi menacé“, “Préoccupation mineure“, “Données Insuffisantes” et “Non évalué“. La classification dans les catégories d’espèces menacées d’extinction (Vulnérable, En danger et En danger critique d’extinction ) s’effectue par le biais d’une série de cinq critères quantitatifs qui forment le coeur du système. Ces critères, basés sur des facteurs biologiques associés au risque d’extinction, sont les suivants: taux de déclin, population totale, zone d’occurrence et d’occupation, degré de peuplement et fragmentation de la répartition.
La Liste est largement utilisée par les gouvernements, les associations de protection de la nature et les nombreuses conventions internationales qui couvrent les problèmes environnementaux. Elle ne prétend pas remplacer les études plus complètes sur certains écosystèmes et leurs fonctions, mais elle fait office de document de base.
Evidemment, recenser le vivant est une tache titanesque. La liste des espèces passées au crible s’allonge d’année en année et a aujourd’hui dépassé 40,000 parmi lesquelles tous les oiseaux, tous les mammifères et tous les batraciens; elle augmente rapidement mais il reste encore une tâche immense notamment pour les plantes et les invertébrés.
La Liste rouge s’appuie sur les meilleurs experts qui mettent en commun leurs connaissances, les données les plus récentes, partagent les résultats de leurs dernières recherches… Lors de certaines réunions marathons, plusieurs centaines d’espèces peuvent être passées en revue en quelques jours. Les données sont parfois fragmentaires, ou même contradictoires dans certains cas. Les points de vue des experts peuvent aussi être radicalement opposés ; c’est le cas notamment quand on évalue une espèce à forte valeur commerciale, par exemple certains poissons qui sont à la base de grandes filières de valorisation, les essences tropicales utilisées pour l’ameublement, les baleines, les éléphants… Certains Etats, certaines firmes qui tirent profit de l’exploitation d’une espèce, vont s’efforcer de présenter une vision idyllique de son état de conservation, de façon à ne pas entraver la marche de leurs affaires. D’autres, pour des raisons éthiques, idéologiques, par précaution, ou pour essayer d’attirer des financements pour leur espèce fétiche, peuvent tenter au contraire de présenter un tableau plus sombre. Face à toutes les actions de lobbying et d’influence, l’UICN a souvent un rôle d’arbitrage.
Pour plus d’information voir le site de la Liste rouge (en anglais)



