Les changements climatiques sont aujourd’hui une réalité acceptée par les gouvernements et les risques qu’ils font peser sur notre économie, notre sécurité ou notre santé sont maintenant bien connus. Cette prise de conscience se fait malheureusement au détriment d’un autre grand problème qui est celui de la disparition accélérée des espèces vivantes. La biodiversité est la grande oubliée sans doute parce que les diktats du court terme et de l’économie nous disent qu’il y des problèmes plus urgents à régler et que nous auront bien le temps après. Quoi de plus urgent pourtant que quelque chose qui conditionne la vie de 100% des citoyens de la planète.
Vous avez sans doute déjà entendu cette phrase que l’on attribue, vraisemblablement à tort, à Albert Einstein : « Le jour où l’abeille disparaîtra, l’homme n’aura que plus que quatre années à vivre ». Peu importe son auteur ; elle illustre parfaitement à quel point l’homme est dépendant des autres espèces. Sans insecte pollinisateur, très peu de production agricole ; sans biodiversité, rien dans nos assiettes, pas de bois pour nos maisons, beaucoup moins de matériaux pour nos habits, très peu de médicaments. Sans espèces sauvages qui produirait l’oxygène dont nous avons besoin, qui filtrerait l’eau, qui fertiliserait la terre… La nature nous apporte tout cela… gratuitement !
Le jour où l’abeille disparaîtra… tente d’expliquer cette dépendance vis-à-vis des organismes vivants. Il dresse un bilan de l’état des espèces sauvages en s’appuyant bien sûr sur les données de la Liste rouge UICN des espèces menacées. Il met l’accent sur quelques problèmes sérieux tels les pratiques de la pêche industrielle, le déclin des batraciens ou les espèces envahissantes. Il essaie surtout de décrire le travail quotidien d’un « conservationniste », du terrain aux coulisses des grandes réunions internationales, l’amplitude de la tâche. Il s’appuie sur des anecdotes de terrain (la Guyane française notamment), des expériences vécues. Il parle enfin de la naissance d’une vocation et de l’émerveillement que peut générer la diversité de la vie sur terre pour peu qu’on prenne le temps de l’observer et de la comprendre.
L’idée d’écrire un livre est ancienne mais ce livre n’aurait pu voir le jour sans l’aide de Marc Traverson, un ami de longue date. Qu’il en soit remercié!



